dimanche 10 mai 2009

Après l'effort, le réconfort...

Mon stage fini, je me suis octroyé deux petites semaines pour découvrir un peu la Chine. Une partie infime. Mais pour voir du vert surtout. Respirer hors de la pollution des villes.

Je reviendrai sur mon passage à Hong Kong pour titiller la grippe porcine et avoir quelques cachets rouges tout frais sur mon passeport. Je reviendrai aussi sur les brumes invisibles de la montagne jaune.

Je reste juste dans mon émerveillement béat et ma plénitude sereine de ma journée passée à rouler dans les rizières. M'énerver sur les chemins qui deviennent trop étroits ou qui ne mènent nulle part. Devenir fou à cause d'un pneu qui crève dans la jungle. Être rassuré que même dans un village de trois maisons en terre cuite on peut trouver quelqu'un qui arrive plus ou moins à mettre une rustine. Essuyer la sueur qui coule dans mes yeux et font fuir mes verres de contact. Rire de ce couple de jeune marier posant en plein milieu des champs de riz. Deviser avec un buffle. Sourire à des enfants. Admirer ces montagnes sortant de nulle part... comme un arbre au milieu d'une belle pelouse. Accélérer pour aller au marché.

Au marché, j'y ai retrouvé tout ces légumes inconnus que j'aime et que je prépare souvent à l'aveuglette. Ils vont me manquer ces goûts. (Attention : je conseille aux âmes sensibles de tout de suite passer au paragraphe suivant) La boucherie campagnarde est toujours aussi folklorique à voir. Toutes les étapes de la viande se retrouvent au même endroit : stockage des animaux, abattage, dépeçage, détaillage de la viande en ce compris les rognons et la tête et enfin vente pour la consommation. Les mouches, les odeurs fortes et le sang qui gicle entourent ce qui va se retrouver dans notre assiette d'un petit rictus de dégout. J'ai beau être un bon mangeur de viande et ne ressentir aucun dégout en parlant du goût de mon repas, j'ai quand même du mal à fixer ces lapins, poulets, chiens, pigeons, faisans et autre rats dans les yeux et de leur dire, pour me donner de la consistance et faire partir la gêne : "salut, comme je t'aimerai dans ta sauce sur ta feuille de salade". Ceci ne veut pas dire que je suis prêt à manger du chien ou du rat de plein gré.

Après la ballade à vélo, une petite leçon de cuisine m'a permis de parfaire mes talents de maniement du wok. Ce n'est pas encore parfait. Mais le goût était similaire à celui du restaurant. Je peux à présent m'amuser à jouer avec tout ça. J'étais sur une petite terrasse à apprendre les rudiments de la cuisine chinoise dans un tout petit village du Guanxi, mais il fallait que la vue que j'avais donne sur un McDonalds... Quelle ironie d'apprendre à cuisiner face au McDo.

J'ai volé quelques recettes...

A l'homme qui a volé mon appareil photo...

J'ai décidé de reprendre un peu le contage de mes aventures sur ce blog. Si ce n'est pour que vous les lisiez, cela me permet de compiler mes souvenirs. Depuis que je me suis fait volé mon appareil photo quelques jours après mon arrivée à Beijing en mars, j'ai décidé de ne pas en racheter et de ne pas me lamenter de ne pouvoir capturer des instants dans une boîtes. Certes je n'ai plus de support pour entretenir mon souvenir et me permettre d'animer une nostalgie de moments virtuellement figés, mais je peux pleinement profiter de ce que je vois, de ce que je vis. Sans penser au fait que cela ferait une belle photo. Sans me focaliser à rechercher l'angle idéal de prise de vue. Je me suis laissé remplir par les sensations que les endroits me donnaient. Les vraies sensations. Pas celles qu'on se doit de ressentir parce que l'histoire à ériger une sensation de monopole pour certains endroits. Je me suis laissé irrité par l'excitation et le désintérêt des groupes massifs de touristes chinois se déversant sans la porte de la paix céleste courir dans la cité dite interdite avec le temps pour quatre photos dont trois portraits figés et non souriants devant un mur rouge et un toit jaune. Je me suis laissé impressionné par cet empressement dans un endroit qui n'est ouvert qu'à la foule que depuis cent ans et qui a vécu toute sa vie dans la sérénité imposante et austère du pouvoir d'un des empires des plus imposant au monde. Ces murs ont jeté le pouvoir sur la ville et le pays pendant des siècles. Et quelques drapeaux rouges et un portrait qui vous fixe en plus permettent à ce pouvoir mythique de continuer à nous écraser. Mon appareil n'aurait pas pu capter ça. Peut-être que les images disparaîtront de ma tête une fois ma sénilité précoce bien installée, mais je voudrai toujours parler du fait que les endroits de pouvoir m'ont beaucoup plus intéressé, fait frissonné, écrasé, épaté et passionné que les cloaques de la vie privée des empereurs jaunes.


Je remercie l'homme qui m'a volé mon appareil photo pour les visages que j'oublierai, les sourires qui s'effaceront de ma mémoire et les moments de fêtes qui resteront éternellement dans la brumes du baijiu. Je remercie cet homme car je ne pourrai me raccrocher à un soupir souriant quand je serai loin de la Chine et que je voudrai regarder des photos par désespoir de ne pouvoir envoyer un sms bête et ridicule disant combien ces chinoiseries me manquent. Je remercie la disparition des preuves de mes émerveillement pour la vie quotidienne et pour la bienheureux-attitude à la chinoise.


Je ne pourrai que vous parler des fleurs de magnolias dans les jardins de Suzhou, du labyrinthe de pierres construit pour méditer ou rendre fou. Je ne pourrai que vous parler du palais d'été et de l'oisiveté. Je ne pourrai que vous parler de l'odeur de l'encens au pied d'un Bouddha géant le long d'un périphérique encombré. Je ne pourrai que vous parler de l'allée olympique ou des lacs qui clapotent au centre de la ville séculaire. Je ne pourrai que vous parler de la tentaculaire expansion du dragon pékinois. Je ne pourrai que vous parler des quartiers d'artistes investissant des anciennes usines d'armement. Je ne pourrai que vous parler de la tête qui dormait à côté de moi quand mon appareil photo à disparu...

dimanche 15 mars 2009

Bye bye disque dur

Une des bonnes surprise de la semaine écoulée est celle que m'a offert mon MacBook. Travail. Plantage. Redémarrage. Plus rien à part un point d'interrogation clignotant sur l'écran. Je pense qu'il devait bien se refléter dans mes yeux.

Lecture, tentative de redémarrage. Le disque dur semble avoir lâché et avec son décès s'en vont tous les documents de mon stage, des travaux en cours pour l'ULB, mes archives, mes courriers électroniques, mes photos et j'en passe.

Pour le moment j'ai en prêt un vieil ordinateur turc appartenant à Michael.

Je pars jeudi à Beijing pour continuer l'aventure là-bas. J'essayerai de passer à l'Apple Store de Beijing (le seul de Chine) sans grands espoirs. Mais je n'aurai probablement plus d'ordinateur pour papoter avec vous le soir depuis chez moi... J'espère trouver une solution temporaire efficace.

La semaine que j'entame va être longue et passionnante. Concerts de James Deano à Shanghai, transfert de tout mon bardas sur Beijing avec en sus James Deano dans les bagages pour ses deux concerts à Beijing.

Voir Suzhou...

Ce week-end, je me suis fait une petite escapade touristique à Suzhou. C'est à quelques quarante minutes en train rapide de Shanghai que j'ai découvert cette merveilleuse "petite" ville (4millions d'habitants). Suzhou est, à juste titre, souvent nommée la Venise de l'Est. Des petites ruelles bordées de canaux, des petits ponts qui enjambent délicatement l'eau calme et tranquille, voilà ce qu'on peut voir si on se perd un peu dans la vieille ville. Je ne me suis quand même pas laissé aller à la promenade en gondole bien que celà doit être une agréable manière de bavarder nonchalement avec sa compagne au fil des clapotis laissés par la godille qui propulse le bâteau. Le gondolier (je devrais plutôt mettre cela au féminin car j'ai vu essentiellement des dâmes faire avancer ces barques) ne chante pas une canzionnetta à l'italienne mais à tout le moins quelques frémissement de chansons populaires chinoises.

La ville regorge de "jardins". Ces vieux palais dont les corps de logis sont souvent peut important sont la porte vers de sublimes jardins à la chinoises. Des étangs regorgeants de carpes rouges, des petites pagodes saupoudrées par ci par là et quelques faux massifs rocheux plantés pour en faire de labyrinthes de pierre ou des promontoires servant tant d'observatoire du payasage calme et paisible que peuvent inspirer ces jardins, que de kioske agréable pour se prélasser au vent. Tous les clichés sur la Chine se trouvent là : les petites étendues d'eau, les massifs de bambous, les rochers, les toîts recourbés, les bonzai, le fengshui et les hordes de touristes bruyants et en groupes agglutinés constamment devant et derrière l'objectif de leur appareil photo. Les couples prennent là un malin plaisir a faire dégouliner les clichés du romantisme à la chinoise sur la pellicule.

Quoi qu'il en soit, cet endroit est splendide. Un auteur du nom de Simon Leys disait dans ses Essais sur la Chine que "Suzhou est une ville exquise dans un site quelconque, Hangzhou, une ville quelconque dans un site exquis", cet homme n'a pas tort. Les deux villes enchantent et charment pour des raisons totalement différentes. Un poète chinois du nom de Chaoying disait également : "il y a le paradis au ciel, et sur la terre,/il y a Hangzhou et Suzhou." Je rajouterai que j'ai des doutes sur la teneur du paradis, mais pas sur Hangzhou et Suzhou.

De plus le charme de mon auberge était fort agréable (un peu de pub ne fait pas de mal : Mingtown Youth Hostel). Une petite maison traditionnelle, blanche comme toutes les autres, intérieur tout en bois, le long d'un canal...

Samedi soir j'ai tenté une expérience un peu périlleuse. Manger un poisson entier non coupé avec des baguettes. Aucun autre couvert. Les chinois détruisent rapidement la bête avec plusieurs coups de baguette. Désavantage de la manoeuvre : il faut passer son temps à expulser de sa bouche le million d'arrêtes qui vient avec. Mais ça en valait la peine.

Comme Venise a son Murano, Suzhou a son Tongli. Petit village plus humble à une bonne vingtaine de kilomètres de là. Canaux. Maisons blanches. Petits jardins. Toîts retroussés. Couples embarqués. Tout y est aussi. Un peu moins de foule. Plus de charme. Plus de caractère. Une belle journée de flânerie au fil des canaux et des ruelles. En plus, le soleil avait décidé de nous darder de ses rayons printaniers avec une châleur plus qu'honorable et dépassant probablement largement les vingts degrés. Les ballades m'ayant épuisé, c'est ravi que je suis rentré sur Shanghai.

dimanche 8 mars 2009

Petit week-end shanghaien

Pour conclure cette semaine, je me suis fait un petit week-end de sortie pour découvrir un peu la vie nocturne. Après un vendredi tinté de tapas et de bières belges (il faut bien penser un peu à nourrir son sentiment de nostalgie), le samedi était à la découverte d'un petit quartier où vivaient de nombreux poètes pendant la première moitié du vingtième siècle. De petites maisons aux parfums de belle époque et de culture avec une douceur reposante et un calme d'antant, je suis passé à un vernissage d'art contemporain chinois, hong-kongais et singapourien (je ne sais pas si c'est le terme exact). Les découvertes peuvent être surprenantes. 

La soirée étaient elle un peu plus underground, dans tous les sens du terme. On est allé au Shelter, un ancien abri anti-aérien du vieux Shanghai qui a déjà un caractère particulier et où la musique était assez chouette pour se détendre et danser. La soirée fut longue. Et le dimanche calme et tranquille. 

J'ai été découvrir mon quartier et j'ai remarqué que je vivais juste à côté de Monganshan Lu, la rue des galeries d'art. Il y a notamment le M50 qui est une ancienne fabrique désaffectée investie par des artistes et des galéristes pour présenter des oeuvres en tous genre. Ensuite je me suis laissé allé jusque dans la concession française pour découvrir Taicang Lu avec ses ruelles aux couleurs de petits magasins et petits bars de dimanche après-midi. J'y aurais bien invité quelqu'un à se reposer autour d'une tasse de café... si ça tente l'un d'entre vous...

jeudi 5 mars 2009

Un juste retour des choses

Tout belge digne de ce nom a déjà râlé sur le fait que nos frites se transforment dans le monde pan-américanisé en French Fries...

Et bien ne vous inquiétez pas, le pays le plus peuplé du monde permet à la Belgique de voler à la France, l'Italie ou l'Espagne le petit café serré qui revigore son homme... Il s'agit ici souvent d'un café... belge ! et même si la Chine n'est pas un pays qui consomme beaucoup de café, ce petit café n'a rien à voir avec le jus de chaussette qu'on a dans le thermos chez bobonne le dimanche avec les biscuits Delacre ou le matin avec les couques...

lundi 2 mars 2009

La ville de la femme serpent-blanc

Ce week-end, je me suis fait une petite escapade touristique à Hangzhou. Cette "petite" ville de quelques millions d'habitants se trouve à 1h20 de train de Shanghai et l'ambiance y est tout à fait différente. Hangzhou se trouve au bord du Xihu (littéralement le lac de l'ouest) qui lui confère son caractère magnifique. 

La météo peu clémente (pluie, froid, grisaille) donnait au lieu une ambiance particulière. De nombreuses légendes tournent autour de ce lac, j'ai trouvé cela mystérieux et envoûtant. La balade au bord du lac, le verre de thé de longjing (thé cultivé autour de Hangzhou au goût particulier et si bon), le calme apaisant de cette grande pièce d'eau, la majesté des pagodes plongées dans la brume, tout cela m'a touché. Le Feilafang et le Liyingsi sont des endroits tout aussi charmant. Dans la montagne environnante, un immense temple bouddhiste et des grottes abritant des centaines de sculptures à même la roche représentant le bouddha. Quel plaisir de se promener dans ces lieux malgré le froid et la pluie.

Cette ville donne envie d'y revenir... Mais bon le lundi reprend ses droits et je suis de retour au Shanghai car d'autres activités m'y attendent.

(NB : j'arrive pas toujours à charger les photos sur le blog, c'est pourquoi je les mets de toute manière sur facebook, n'hésitez pas à aller les voir si cela vous intéresse)