dimanche 15 mars 2009

Voir Suzhou...

Ce week-end, je me suis fait une petite escapade touristique à Suzhou. C'est à quelques quarante minutes en train rapide de Shanghai que j'ai découvert cette merveilleuse "petite" ville (4millions d'habitants). Suzhou est, à juste titre, souvent nommée la Venise de l'Est. Des petites ruelles bordées de canaux, des petits ponts qui enjambent délicatement l'eau calme et tranquille, voilà ce qu'on peut voir si on se perd un peu dans la vieille ville. Je ne me suis quand même pas laissé aller à la promenade en gondole bien que celà doit être une agréable manière de bavarder nonchalement avec sa compagne au fil des clapotis laissés par la godille qui propulse le bâteau. Le gondolier (je devrais plutôt mettre cela au féminin car j'ai vu essentiellement des dâmes faire avancer ces barques) ne chante pas une canzionnetta à l'italienne mais à tout le moins quelques frémissement de chansons populaires chinoises.

La ville regorge de "jardins". Ces vieux palais dont les corps de logis sont souvent peut important sont la porte vers de sublimes jardins à la chinoises. Des étangs regorgeants de carpes rouges, des petites pagodes saupoudrées par ci par là et quelques faux massifs rocheux plantés pour en faire de labyrinthes de pierre ou des promontoires servant tant d'observatoire du payasage calme et paisible que peuvent inspirer ces jardins, que de kioske agréable pour se prélasser au vent. Tous les clichés sur la Chine se trouvent là : les petites étendues d'eau, les massifs de bambous, les rochers, les toîts recourbés, les bonzai, le fengshui et les hordes de touristes bruyants et en groupes agglutinés constamment devant et derrière l'objectif de leur appareil photo. Les couples prennent là un malin plaisir a faire dégouliner les clichés du romantisme à la chinoise sur la pellicule.

Quoi qu'il en soit, cet endroit est splendide. Un auteur du nom de Simon Leys disait dans ses Essais sur la Chine que "Suzhou est une ville exquise dans un site quelconque, Hangzhou, une ville quelconque dans un site exquis", cet homme n'a pas tort. Les deux villes enchantent et charment pour des raisons totalement différentes. Un poète chinois du nom de Chaoying disait également : "il y a le paradis au ciel, et sur la terre,/il y a Hangzhou et Suzhou." Je rajouterai que j'ai des doutes sur la teneur du paradis, mais pas sur Hangzhou et Suzhou.

De plus le charme de mon auberge était fort agréable (un peu de pub ne fait pas de mal : Mingtown Youth Hostel). Une petite maison traditionnelle, blanche comme toutes les autres, intérieur tout en bois, le long d'un canal...

Samedi soir j'ai tenté une expérience un peu périlleuse. Manger un poisson entier non coupé avec des baguettes. Aucun autre couvert. Les chinois détruisent rapidement la bête avec plusieurs coups de baguette. Désavantage de la manoeuvre : il faut passer son temps à expulser de sa bouche le million d'arrêtes qui vient avec. Mais ça en valait la peine.

Comme Venise a son Murano, Suzhou a son Tongli. Petit village plus humble à une bonne vingtaine de kilomètres de là. Canaux. Maisons blanches. Petits jardins. Toîts retroussés. Couples embarqués. Tout y est aussi. Un peu moins de foule. Plus de charme. Plus de caractère. Une belle journée de flânerie au fil des canaux et des ruelles. En plus, le soleil avait décidé de nous darder de ses rayons printaniers avec une châleur plus qu'honorable et dépassant probablement largement les vingts degrés. Les ballades m'ayant épuisé, c'est ravi que je suis rentré sur Shanghai.

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