Mon stage fini, je me suis octroyé deux petites semaines pour découvrir un peu la Chine. Une partie infime. Mais pour voir du vert surtout. Respirer hors de la pollution des villes.
Je reviendrai sur mon passage à Hong Kong pour titiller la grippe porcine et avoir quelques cachets rouges tout frais sur mon passeport. Je reviendrai aussi sur les brumes invisibles de la montagne jaune.
Je reste juste dans mon émerveillement béat et ma plénitude sereine de ma journée passée à rouler dans les rizières. M'énerver sur les chemins qui deviennent trop étroits ou qui ne mènent nulle part. Devenir fou à cause d'un pneu qui crève dans la jungle. Être rassuré que même dans un village de trois maisons en terre cuite on peut trouver quelqu'un qui arrive plus ou moins à mettre une rustine. Essuyer la sueur qui coule dans mes yeux et font fuir mes verres de contact. Rire de ce couple de jeune marier posant en plein milieu des champs de riz. Deviser avec un buffle. Sourire à des enfants. Admirer ces montagnes sortant de nulle part... comme un arbre au milieu d'une belle pelouse. Accélérer pour aller au marché.
Au marché, j'y ai retrouvé tout ces légumes inconnus que j'aime et que je prépare souvent à l'aveuglette. Ils vont me manquer ces goûts. (Attention : je conseille aux âmes sensibles de tout de suite passer au paragraphe suivant) La boucherie campagnarde est toujours aussi folklorique à voir. Toutes les étapes de la viande se retrouvent au même endroit : stockage des animaux, abattage, dépeçage, détaillage de la viande en ce compris les rognons et la tête et enfin vente pour la consommation. Les mouches, les odeurs fortes et le sang qui gicle entourent ce qui va se retrouver dans notre assiette d'un petit rictus de dégout. J'ai beau être un bon mangeur de viande et ne ressentir aucun dégout en parlant du goût de mon repas, j'ai quand même du mal à fixer ces lapins, poulets, chiens, pigeons, faisans et autre rats dans les yeux et de leur dire, pour me donner de la consistance et faire partir la gêne : "salut, comme je t'aimerai dans ta sauce sur ta feuille de salade". Ceci ne veut pas dire que je suis prêt à manger du chien ou du rat de plein gré.
Après la ballade à vélo, une petite leçon de cuisine m'a permis de parfaire mes talents de maniement du wok. Ce n'est pas encore parfait. Mais le goût était similaire à celui du restaurant. Je peux à présent m'amuser à jouer avec tout ça. J'étais sur une petite terrasse à apprendre les rudiments de la cuisine chinoise dans un tout petit village du Guanxi, mais il fallait que la vue que j'avais donne sur un McDonalds... Quelle ironie d'apprendre à cuisiner face au McDo.
J'ai volé quelques recettes...
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